Albert Einstein disait en ces termes qu’il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé. Un préjugé étant une opinion hâtive et préconçue qui peut toucher plusieurs domaines différents, il est source la plupart du temps, de discrimination. La morale humaine est faite de préjugés en tout genre. Cependant, ce sont les préjugés qui s’attaquent aux différents groupes raciaux qui sont les plus persistants. Notamment, les préjugés sur les Noirs et les Arabes.Que sont-ils ? Comment sont-ils nés ? Quels en sont les preuves ?
Les Noirs sont bêtes.
Une affirmation courante dont
souffrent particulièrement les principaux concernés. Une étude a été réalisée
par la chaîne américaine CNN et portait sur 133 jeunes enfants âgés de 4 ou 5
ans, blancs et noirs, scolarisés à New-York et Atlanta. L’expérience consiste à
montrer aux enfants une gamme de 6 teints différents d’enfants et de leur poser
des questions. L’étude montre que 59% des Blancs vont désigner « l’enfant
intelligent » comme étant les deux enfants au teint le plus clair. Les petits
blancs semblent alors surs de la supériorité des Blancs sur les Noirs. Les
jeunes Noirs choisissent à 37% le visage noir comme intelligent, à 34% le blanc
et à 28% le teint médian. Quand il faut montrer « l’enfant stupide », les
Blancs désignent le noir à 76% et 41% des Noirs désigneront l’enfant blanc
comme stupide. Une réalité qui montre toute
la force de ce préjugé.La mentalité des plus jeunes enfants est déjà
contaminée par cette opinion qui tire son origine depuis l’ère de la
colonisation. Les états européens colonisent l’Afrique dans le but de lui
transmettre leur savoir et technologie. On sous-entend que les Noirs sont moins
intelligents. Les colonisateurs répandent des idées farfelues selon lesquels
les Noirs ont un sexe surdimensionné et sont plus forts physiquement. Bien sûr,
les Noirs ont été obligés de travailler dans les champs et ont donc développé
une certaine résistance physique. Mais ils ne sont en aucun cas physiquement
avantagés par rapport au Blanc. Leur
prédominance au sport n’est autre que le résultat d’une situation sociale qui
ne leur est favorable que dans ce domaine. Ils se sentent donc obligés de s’y
investir pour avoir une chance de réussir socialement.
Quant à leur sexe plus
grand, attention aux Noirs qui sont fiers de cette idée reçue. Depuis l’époque
coloniale, les Noirs ont cette réputation d’être sauvages. Le sexe
surdimensionné des Noirs est l’illustration de cette bestialité. Ils réduisent
ainsi le Noir à une libido débridée à l’instar des grands singes. De plus,
cette idée met l’accent sur la prééminence d’un organe en dépit d’un autre, le cerveau. De nombreuses
études scientifiques ont été faites mais aucune n’est assez convaincante pour
établir une vérité à partir de ces stéréotypes.
Un autre groupe qui n’échappe pas à ces préjugés, est
la communauté arabe.

D’abord, il y a déjà une erreur quand on parle des arabes.
Dans l‘esprit de la plupart des occidentaux, est arabe tous les arabophones
musulmans. Pourtant, un arabe est un individu issu d’un des peuples d’Arabie.
Etre arabophone ne signifie pas être arabe comme être francophone ne signifie
pas être français. Mais la plupart des préjugés qui mine la réputation des
« arabes » est plus propre à la religion musulmane qu’au groupe
ethnique. Le préjugé qui a la tête la plus dur est celui selon lequel tous les
« arabes » sont des délinquants, des terroristes.Ce cliché a pour origine un argument plus social et
historique que scientifique. Les arabes (Nord-africains) qui se sont installés
dès l’après-guerre en Europe pour fournir la main d'œuvre nécessaire à l'effort
de reconstruction et à l'industrie ne gênaient pas jusqu’aux années 80 suite
aux chocs pétroliers successifs et aux premières
vagues de délocalisations. Les taux de paupérisation et de chômage grimpaient.
Les populations « arabes » sont les plus touchées. Mais ces crises
économiques ont également touché les classes populaires d'origine française ou
issue d'immigration plus ancienne. On accuse donc les immigrés d’être la cause
de tous ces problèmes.Par la suite, les poussées sporadiques de
criminalité sont devenues des occasions pour ces partis pour montrer du doigt
ces minorités, selon ce discours l'immigré doit être renvoyé chez lui parce
qu’ils surchargent la demande de travail (concurrence les travailleurs
d’origine) et parce qu'en plus il serait violent.C’est ainsi qu’après toutes ces recherches, j’en ai
appris plus sur le peuple africain. Je me suis rendue compte que bien que les
maghrébins aiment se targuer d’être arabes, ils ne sont en réalité que des
Berbères. Apprendre un peu plus sur ces préjugés et l’impact qu’ils ont sur nos
communautés a été un réel éveil de conscience. L’une des histoires qui m’a le
plus choquée est celle de la Vénus Hottentote, une esclave africaine emmenée au
XIXème siècle en Angleterre pour y être exhibée aux cotés des ours et des
femmes à barbes, puis en France pour être montrée à la haute société. Le film «
Vénus noire » de Abdellatif Kechiche retrace le destin tragique et véridique de
Saartjie Baartman, qui après avoir été exhibée, fut prostituée puis disséquée comme
une vulgaire grenouille de laboratoire par l’Académie des Sciences Française à
des fins scientifiques. Saartjie avait la particularité, tout comme les autres
femmes de son peuple « Hottentot», d’avoir les parties génitales hyper
développées, tout comme leurs fessiers. Cependant il s’agissait d’une pratique
culturelle et non d’un fait génétique. Son corps ainsi que ses organes ne
furent rendus qu’en 2002 par la France à l’Afrique du Sud.
Le préjugé est l’arsenic de nos sociétés. S’en
débarrasser aiderait à construire une communauté mondiale plus forte et plus
évoluée. Pour ce faire, rien de plus simple que de discuter avec des personnes
de différentes origines. Connaître un peu plus leurs cultures, leurs faiblesses
et leurs forces fera naître une opinion plus élaborée. Quand bien même
désintégrer un atome serait plus aisé que de désintégrer un préjugé. Miss AfricaEn savoir plus