La Voix des Jeunes à Africa Rekk
Ce jeudi 15 Décembre, l’université de Cocody, Abidjan, a reçu
le grand Youssou N’dour, artiste international et ambassadeur Africain par
excellence dans le cadre de sa tournée dans les universités pour la promotion
de son dernier opus « Africa Rekk ».
Cette tournée avait pour but pour cet homme d’affaires
d’échanger avec la jeunesse africaine et en l’occurrence, ivoirienne sur le
thème : « Africa Rekk : Vivre, Réussir en Afrique et
Compter dans le Monde »
Mais au-delà de ce thème ce sont plusieurs problématiques qui
ont été abordées. A savoir :
-
Les
enjeux et défis à surmonter pour le développement du continent
-
La
chance et l’honneur d’être ivoirien
-
Les
clés de la réussite professionnelle en Afrique et dans le monde
Pour prendre part à ces échanges, plusieurs groupes furent
invités. Nous avions la présence de l’INSAAC de Cocody, de l’ISTC de Cocody, de
l’Université de Cocody et la participation exceptionnelle des étudiants de Voix
des Jeunes, le concours qui offre des solutions aux problèmes de nos sociétés.
A l’ouverture de cette session, après les mots du directeurs
des Etudes du Campus, Monsieur N’dour a fait part de sa vision aux jeunes
présents évoquant au passage des termes qui, pour lui, on fait de lui celui
qu’il est.
Passion, Ecoute, Humilité, Persévérance, Vision,
Authenticité, Patience, Entraide et Action sont pour lui des valeurs dont
chaque africain devrait s’imprégner afin de réussir et ce, peu importe la voie
qu’il choisira.
Son discours fut d’un tel panache qu’il incita l’une des
participantes de Voix Des Jeunes à prendre la parole et à donner son point de
vue. Il s’agit de Mlle Wassa Cissé et nous trouvons cette intervention digne
d’être partagée.
Voilà ses mots :
« La thématique choisie pour cette rencontre est
exceptionnelle et très réelle et c’est un honneur pour moi de prendre la parole
au nom de mes amis à ce sujet.
VIVRE, REUSSIR EN
AFRIQUE ET COMPTER DANS LE MONDE
Je trouve que cette phrase résume notre réalité et nos
aspirations, à nous jeunesse africaine.
Nous sommes ceux-là même qui mieux que quiconque, connaissent
et ressentent les réalités de notre continent parce que nous sommes ceux qui y
vivons.
Je tiens à décortiquer ce thème.
VIVRE EN AFRIQUE : Il ne s’agit peut-être que de moi,
mais avant, j’avais beau résidé sur
ce continent que je ne me sentais pas impliquée par la situation des autres
pays qui ne sont pas la CI.
J’utilise le verbe RESIDER
car ma vision a changé grâce à plusieurs formations sur le Panafricanisme au
cours de l’aventure VDJ. Le Panafricanisme pour ceux qui ne le savent pas, est
une philosophie selon laquelle, l’Afrique ne serait qu’un seul territoire, un
ensemble unique auquel appartient chaque africain peu importe son pays de
naissance. Grâce à ces formations, j’ai appris et assimilé ce qu’être africain.
J’ai développé un tel sentiment d’appartenance au continent que désormais ce
qui se passe en Centrafrique, au Mali, au Kenya ou au Nigéria m’affectent tout
autant que si c’était en CI.
Maintenant je ressens chaque soubresaut du continent et je
réfléchis à des moyens de les atténuer. Personne ne comprendra mieux nos
problèmes que nous africains et personne ne pourra apporter de solution à des
problèmes qu’il ne vit pas. Et pour moi ressentir, être touché et se sentir
impliqué tous ensemble par tout ce qui se passe chez nous, c’est ce que
j’appelle VIVRE, en l’occurrence VIVRE EN AFRIQUE.
Quant à REUSSIR EN AFRIQUE, je pense que nous sommes l’un des
continents où la réussite est assimilée à la quantité de biens matériels que
l’on a réussi à amasser. Pourtant pour nous, étudiants de VDJ, la réussite
serait assimilée à notre degré d’humanité. En effet, Sobel Aziz NGom,
initiateur de notre programme, ne cesse de répéter que le défi du siècle dans
lequel nous vivons est un défi d’humanité. Et il a totalement raison.
Il est important que nous cessions de penser à notre profit
personnel et que nous comprenions que c’est dans une communauté épanouie que
nous nous épanouirons également.
Comment voulez-vous avoir les plus belles voitures si vous
n’avez pas de routes pour les conduire ?
Comment voulez-vous étaler votre fortune si dehors il n’y a
que des pauvres prêts à vous l’arracher de force parce qu’ils ont faim ?
Réussir pour moi et pour bien de jeunes heureusement, c’est
de faire en sorte d’être utile à sa communauté, d’apporter un plus dans des
quotidiens qui sans cela ne bougeront pas, d’apporter des solutions à des
problèmes et d’être impactant pour des générations grâce à ses actions ! D’être solutions !
Et vous (M. N’DOUR) l’avez dit, lorsqu’on suit sa passion, le
matériel suivra forcément.
Si chacun de nous embrasse cet état d’esprit, et ne fait pas
de l’argent sa priorité, nous aurons tous réussi car nous serons tous
égaux !
‘’ Il n’y aura jamais
d’égalité tant qu’on se sent inférieur ou supérieur à autrui.’’ Cette phrase est de Gandhi
Et elle me ramène au 3e point, COMPTER DANS LE
MONDE.
Comment espérons-nous compter dans le monde si nous ne
comptons même pas chez nous en tant qu’individu ?
On ne peut pas vouloir que les autres nous traitent comme
leurs égaux si le continent lui-même est rempli d’inégalités !
Qu’on donne de la valeur à nos opinions si nous ne le faisons
même as entre nous.
Accordons nous à régler nos problèmes, peu importe leur
échelle, à nous occuper de nos populations, nos communautés pour avoir une base
solide.
On sait tous que quand les fondations d’une maison sont bien
faites, il n’y a pas de soucis à se faire quand à sa robustesse.
Et pour moi, les fondations de l’Afrique sont ses hommes.
Si on réussit à ce niveau, la valeur du continent et de
chacun de ses individus paraîtra d’elle-même dans le monde.
Nous aurons tous réussis ! »
Cet état d’esprit est partagé par Miss Africa et j’espère,
bientôt, par chacun d’entre vous.
C’est un grand merci que nous disons à M. Youssou N’dour pour
son partage plus qu’édifiant. Africain et fier, c’est un modèle à suivre.
NB : Youssou N’dour est reconnu
non seulement pour son talent artistique mais aussi pour son sens des affaires.
En effet, ce sont des milliers d’emploi que ce dernier a créé dans son pays
d’origine le Sénégal.