Daron Acemoglu et James A.Robinson, deux professeurs
américains respectivement du Massachussets Institute of Technology et de
Harvard dans leur livre Why Nations Fail :
the Origins of Power, Prosperity and Poverty, exposent une nouvelle théorie
sur la pauvreté et la prospérité des nations. Selon eux, certains pays sont
sous-développés non pas à cause de la géographie ou de l’ignorance, encore
moins de la culture mais parce qu’ils n’ont pas les bonnes institutions. Zoom
sur leur théorie dans le billet du jour.

Les disparités économiques entre les divers pays du monde
reposent sur des différences institutionnelles, sur les règles qui influencent
la marche de l’économie et sur les motivations qui poussent les citoyens à
l’action. Est appelé institution
inclusive, une institution qui permet et favorise la participation des citoyens
à l’activité économique. Alors qu’une institution extractive freine cette
participation et favorise l’enrichissement d’une élite au détriment du reste du
peuple. Pour que ces institutions deviennent inclusives, elles doivent
comporter la protection de la propriété privée, un système judiciaire
impartial, des services publics offrant un espace où pratiquer des échanges et
établir des contrats. Elles doivent aussi permettre l’arrivée de nouvelles
entreprises.
Pas besoin de le souligner, nos pays africains ont pour la
plupart, des institutions extractives. Nos dirigeants continuent sur la même
lignée que les colonisateurs.
En effet, nos institutions datent de l’époque
coloniale. Peu ont subi des modifications conséquentes afin de les rendre
inclusives. Les institutions mises en place étaient censées enrichir les colons
et seulement eux. Après les soleils des Indépendances, certains politiciens
n’ont pas jugé nécessaire de revoir les institutions au mieux ; certains
même les ont utilisé pour se maintenir au pouvoir et continuer à s’enrichir et
à enrichir leurs affidés.
En somme, certains pays africains sont encore pauvres parce
qu’ils se dotent d’institutions extractives datant de l’époque coloniale. Des
institutions inclusives entraîneraient d’autres moteurs de développement
notamment la technologie et l’éducation.
Selon Acemoglu et Robinson, seule une
révolution profonde comme celle qu’a connue la France en 1789 pourrait changer
la donne et lancer la croissance à long terme d’un pays.