Par ethno parti, j’entends tout parti politique dont la majorité des adhérents est du même groupe ethnique ou de la même nation. C’est une réalité bien profonde dans nos pays africains. Les partis ne sont pas communistes ou libéraux. Ils sont Limba, Teme, Senoufo ou Bété. Les africains n’ont que faire de leur politique. Ce qu’ils veulent, c’est un homme politique originaire de leur région et qui puisse avantager leur évolution dans les rangs sociaux au détriment des autres ethnies. Un aspect de la personnalité des africains qui ne va pas avec le développement, le monde des affaires : les gens ne sont pas choisis pour leur compétence mais parce que ce sont des frères ou des cousins germains.

Les ethno partis sont la preuve concrète, excusez mon tranchant, de l’aversion des peuples les uns envers les autres. Ils montrent l’égoïsme de chaque peuple mais également sa xénophobie. Aucun d’entre eux ne pense réellement à l’avenir du pays. Mettre une personne incompétente et en laquelle l’on ne croit pas toujours au pouvoir juste pour bénéficier des retombées est ce que je mets à côté du mot « égocentrisme » dans le dictionnaire. Les guerres sont la résultante de toutes ces tensions créées par les ethno partis. Ceux-ci accentuent et matérialisent ces tensions et les relations dégénèrent vite. Mais au-delà des guerres, c’est l’activité économique également qui prend un coup. Si un dirigeant politique se dit que tel décision est bonne pour un groupe ethnique, il conclura que c’est également bon pour le parti de ce groupe ethnique donc mauvais pour lui et son parti. Et voilà comment les ethno partis freinent la croissance économique et déclenchent des guerres.
Cependant, comment pourrait-on se débarrasser de ces partis ethniquement partiaux ? Ils ne sont que la preuve de dissensions réelles et profondes au sein des Etats africains. Les dissoudre ou freiner leur impact reviendrait à un vrai lavage de cerveaux des adhérents eux-mêmes. Oui, la meilleure manière d’en finir avec ces ethno partis, c’est d’éduquer, de sensibiliser les populations au brassage intra culturel (brassage de culture dans un même état. Pas au-delà ! Ce serait risquer l’homogénéité encore plus grande des cultures au plan international) et à la politique. La politique et la vraie. Pas celle en papier mâché qu’on nous sert. Des politiciens élus démocratiquement pour leur plan d’actions, voilà ce à quoi doit aspirer la nouvelle génération de leaders africains.
 |
|
En somme, laisser les ethno partis croitre et leur influence grandir, c’est s’exposer à des conflits, une croissance économique ralentie et une cohésion sociale conceptuelle. Documentez-vous, apprenez et juger d’un œil objectif les politiques de nos partis.