Il
était deux frères : le plus jeune très riche, l’aîné si pauvre qu’il n‘avait pour vêtement que les chiffons qu’il pouvait trouver. Chaque jour, il
faisait reproche à son jeune frère de sa richesse.
Un
jour, le cadet dit : « Mon aîné, je m’en vais demander la raison pour
laquelle il m’a fait si riche. » L’aîné dit : « Quant à moi, je
m’en vais demander la raison de ma misère. »
Ils
allèrent voir Dieu, et Dieu leur donna une magnifique maison d’hôte. Dieu
prépara le mil, y versa une sauce filante, mit beaucoup d’or dessous et le
porta à l’aîné ; et il fit cuire un excellent plat de riz, ne mit rien
dessous et le donna au cadet.
L’aîné
dit : « C’est extraordinaire, même un bon repas Dieu ne veut pas me
le donner ! » Il prit ce mil bouilli et l’emporta chez son jeune
frère pour lui faire entendre ses réflexions. Le cadet dit : « Si tu préfères
ma part, prends-là et donne-moi la tienne. » L’aîné prit donc le plat de
son frère, le mangea et lui donna son mil bouilli.
Le
cadet mangea le mil, prit l’or, en remplit un sac et le mit de côté.
Les
jours suivants, Dieu fit la même chose mais avec des plats différents. Chaque
fois, l’aîné échangea son plat peu apetissant contre celui de son cadet et le
cadet entassait sans rien dire l’or.
L’aîné
disait que vraiment Dieu ne l’aimait pas, pour lui offrir ainsi de si pauvres
plats.
Le
matin du jour suivant, Dieu les fit appeler, leur demanda ce qu’ils avaient
ait, révéla à l’aîné les dons qu’il avait dissimulés sous les mets d’apparence
plus pauvre et qu’il lui destinait. Il dit aussi que, puisque le cadet les
avait reçus en échange, ils étaient désormais à lui. L’aîné en trembla de
regrets. Dieu lui dit encore : « Ta part ne sera pas belle, mais
n’en fais reproche à ton cadet ; chacun a sa destinée devant moi ».
Ce
conte bambara peut être appliqué à bien des situations. Cependant,
appliquons-le à la situation présente de l’Afrique. Bien souvent, ce continent
est assimilé à la pauvreté et par conséquent à tous les maux et vices de la
Terre. A tort, doit-on l’avouer. Bien entendu, nous ne sommes pas riches selon
les conventions qui nous ont été imposés durant la colonisation mais je trouve
qu’à l’instar des plats de l’aîné, nos richesses sont bien cachées. On a tendance
à préférer les produits qui viennent de loin par bateau, par avion. Mais
ceux-ci ne correspondent pas à nos réalités ; les livres d’ailleurs ne
nous diront jamais comment nous devons vivre, aimer, travailler, construire.
Nous imitons les autres, alors que selon Dieu, chacun a sa destinée.
Par
ce billet, je tiens à vous inviter à trouver, dans le mil que Dieu nous donne,
l’or de votre propre sagesse pour une Afrique plus belle, plus authentique.
Bisous,
Miss Africa
Inspirée
par Littérature africaine d’hier et de
demain par Roland Colin (encore un Blanc qui écrit sur nous et pour
nous. O honte ! )