Il
y a quelques semaines, je découvrais un service que j’ai suffisamment aimé pour
en parler sur ce blog. Il s’agit de Sanlishop, une initiative de La Poste
ivoirienne qui fait la promotion du Made In Côte d’Ivoire. J’ai voulu en savoir
plus et toute l’équipe m’a chaleureusement accueilli et répondu à mes
questions.
« Sanlishop
est un produit de la Poste de Côte d’Ivoire qui intervient dans le secteur du
e-commerce. C’est le premier site de e-commerce de la Poste. La vision de
Sanlishop est de faire du Made In Côte d’Ivoire, c’est-à-dire mettre en avant tous les
produits de l’artisanat ivoirien. » Me présentait Lagarde Ghislain, chef
de département Poste Digitale à la Poste. Conçu depuis 2012, c’est seulement en
2017 que le site a été remis sur pied et dynamisé. « C’est un service
public. Par conséquent, les artisans avec lesquels nous travaillons ne paient
rien pour avoir leurs produits exposés sur la plateforme. Ils ont ainsi la
chance d’écouler leurs marchandises tant en Côte d’Ivoire que dans les 14 pays
de la CEDEAO, en France et en Belgique. » Renchérit Vi Lou, commerciale.
Le
processus pour qu’un produit soit disponible sur la plateforme est assez commun
à tous les sites de e-commerce. Une commerciale se charge de découvrir des
artisans que l’équipe appelle « marchands » qui font des produits
locaux. Ensuite, elle leur explique le fonctionnement de Sanlishop, les
conditions de l’accord, les avantages à proposer également leurs produits sur
la plateforme. Si l’artisan en question est d’accord, un contrat est signé
entre les deux parties et un photographe se charge de prendre en photo les
produits qui seront ensuite exposés sur sanlishop.ci. Quant à la livraison,
elle ne pose pas vraiment de problèmes. L’acheminement de produits étant le cœur
de métier de La Poste.
Par
contre, Sanlishop est confronté à d’autres problèmes. D’abord, au niveau du
recrutement des marchands. « Les pièces justificatives de l’activité
commerciale constituent un important frein au recrutement. Souvent, je
rencontre un excellent artisan mais il n’a pas de registre de commerce. Or, il
est essentiel que l’activité soit légalisée pour que les produits puissent être
exposés sur la plateforme. » Explique Vi Lou. Les marchands sont donc
difficiles à trouver. Il faudrait les inciter à, au moins, établir un registre
de commerce. « Aussi, le fait de payer mensuellement les marchands les
freine un peu. Pour la plupart, ils sont habitués à vivre au jour le jour avec
les fruits de leur travail. Alors que Sanlishop ne paye que chaque fin du mois
si des ventes de produits du marchand ont été faites. » Ghislain Lagarde,
lui, fait référence au fonctionnement de la boutique en ligne. Les marchands n’étant
pas formés à la plateforme, il est difficile de s’assurer qu’un produit est
réellement disponible. « Sanlishop n’a pas de boutique où stocker les
produits. Ces produits restent donc avec les marchands. Mais il arrive que nous
soyons en rupture de stock sans même le savoir. Parce que le marchand aurait
vendu le produit dans sa boutique et ne nous aurait pas informés que tel
quantité de tel produit était manquante. L’idéal serait de former les marchands
à l’utilisation de la plateforme pour qu’eux-mêmes puissent renseigner et
modifier les différents champs. » Mais là encore, c’est une autre paire de
manches.
Quand j’ai
demandé à Lagarde quelles initiatives auraient le plus d’impact pour leur
activité si elles étaient mises en œuvre, il m’a répondu l’implication du
gouvernement et de la population. « L’implication du gouvernement est l’initiative
majeur. Vu le domaine d’activité que nous abordons, Sanlishop doit intéresser l’Etat
ivoirien. Parce que l’artisanat touche les gens de la diaspora, le secteur du
tourisme, la culture ivoirienne. Mais il y a également la population. Faudrait
que les ivoiriens apprennent à consommer local. Tout ce qui se fait à l’extérieur
est capable d’être fait également par des personnes, ici, en Côte d’Ivoire. »
Zahmat,
digital manager, souligne qu’il y a de bons retours sur les différents réseaux
sociaux. Ça fait à peine 3 à 4 mois que le site est en ligne et pour le moment,
il note beaucoup d’enthousiasme. Plusieurs personnes encouragent réellement l’initiative.
C’est encourageant.
« Sanlishop
est une activité qui a un bel avenir. Déjà, parce que la poste de CI est dans
une nouvelle dynamique de commerce électronique et de tout ce qui est
digitalisation. De même, au niveau du gouvernement, il y a un engouement et un
partenariat se prépare. Aussi, tout marchand qui désirerait vendre ses produits
sur notre site n’hésite pas à nous contacter. J’invite également toute la
population à visiter notre site et à laisser des commentaires sur nos
différents profils sur les réseaux sociaux et à vivre l’expérience Sanlishop. Grand
merci à vous, Miss Africa, de vous intéresser à Sanlishop. » conclut
Ghislain Lagarde.
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